Avortement : attention aux faux problèmes

La question n’est pas si c’est tuer un bébé ou pas. Je pense que la réponse est ailleurs.

Il y a plusieurs angles et la plus simple, que je pense vous n’aimez pas, est que le corps de femme appartient à la femme et elle fait c’est quelle souhaite avec son corps – aussi l’avortement.

Un peu plus subtile est que je pense que la vrai question est “quelle vie est-on capable de donner si l’enfant naisse ?”. Ici “on” est à définir par la femme enceinte.

Est-ce qu’on doit forcer une femme, qui ne se sent pas capable (à comprendre dans le sens le plus large du terme!) d’élever un enfant de l’avoir? En autres mots, est-ce que le droit de vivre pour un (fœtus) est plus grand que le droit de vivre pour un autre (la femme). Par “vivre”, je ne comprend pas survivre, mais vivre comme une personne libre de choix sur le façon que sa vie doit dérouler.

Si on interdit l’avortement, on enlève une liberté (voir même plusieurs) importante de la femme. Je me joins à Michel Verheughe quand il dit que personne est pour l’avortement. Mais, c’est un nécessité d’avoir le droit puisque sinon on enlève un droit d’un être vivant – la femme.

Vous dites que vous n’êtes pas religieux, mais la discussion sur la vie et la mort est quand même fortement teinté par l’idée que la vie est “sacrée”; oui dans le sens religieux.

Personnellement je pense que c’est faux. La vie n’est pas sacrée dans ce sens et je pense qu’au moment qu’on abandonne cette optique, il devient plus facile de voir les choses comme ceci: Je pense qu’on doit faire plus pour les gens déjà en vie que s’occuper de la vie potentielle. Je préfère de loin un être libre que deux êtres coincés.

 

Relativisation scientifique de l’avortement

A noter que ceci ne concerne pas trop la France, plutôt les pays avec une revivance des fondamentalismes religieux (notamment aux USA); même si le mouvement existe en France il est très minoritaire.

ça n’est pas la vie elle-même qui est en question, puisqu’on ne considère pas sacrés les moustiques, les bactéries et les moisissures, (ou nos aliments), tout aussi vivants.

Il s’agit pour moi essentiellement d’un manque de connaissance de ce qu’est le chemin biologique de la création d’un être humain, depuis les gamètes jusqu’à un bébé viable. Par exemple la plupart des gens ignorent qu’au stade blastula, on peut mélanger les cellules sans conséquences, obtenir des jumeaux en la coupant en deux, ou un être unique en assemblant deux (vrais) jumeaux en cours. Bien plus tard, le corps (minuscule) peut ressembler à une crevette humaine avec “un coeur qui bat”, en fait il n’a pas encore de cerveau du tout (les neurones se forment en migrent assez tard vers la tête), et le “coeur” est juste un tube creux de quelques cellules qui battent spontanément même si rattaché à rien.

Ce manque de connaissance se conjugue à une culture religieuse totalement obsolète du vivant, de l’humain, de la reproduction, avec de surcroît une sexualité vue uniquement aux fins de reproduction obligatoire qu’il est pêché de limiter, une âme envoyée par Dieu dans le corps de la femme faisant un homonculus “déjà humain” et voulu par Dieu.
La somme des deux n’aide donc pas à percevoir le réel, et en particulier cet irréel ultra-prioritaire empêche de considérer d’une part les nombreux cas problématiques justifiant l’IVG, et d’autre part tout simplement la prévalence de la volonté de la femme concernant son corps.

Dans le cas de l’IVG comme de la fin de vie, il y a quand même une spécificité vis à vis des protestataires: ça fait quand même partie des rares cas où il s’agit non de réclamer des droits pour soi, mais de s’opposer à ceux d’autrui.